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5 et 6 octobre : Bastia/Casamozza-Casamozza/Soveria

Dès notre arrivée sur l'île de Beauté, samedi matin, nous avons reçu un accueil très réconfortant. Annie, une dame croisée à la sortie du bateau nous a guidé jusqu'à la brasserie du port, tenue par son fils, Pascal. Ce premier petit déjeuner a été nourri d'échanges avec une dizaine de personnes laissant augurer de beaux jours de marche sur les routes et chemins de Corse. Après un point presse avec Corse Matin et Fr3 Corse, nous sommes partis de la place saint Nicolas en direction de Corte, le long de cette fameuse N 193 que nous suivrons jusqu’à Ajaccio. Plusieurs personnes nous ont klaxonné pour nous saluer tout au long de cette marche qui s’est poursuivie jusqu’à Casamozza que nous avons atteint vers 23h30.

Dimanche 6 Octobre

Etape : Casamozza – Soveria : 38km

Nous partons de Casamozza à 10h30 et pénétrons trente minutes plus tard dans le premier village, Funtanone.

Nous sommes arrêtés quelques kilomètres après Funtanone par Toussaint, 72 ans, au lieu-dit « Le Padulone ». Retraité vivant dans une maison isolée sur le bord de la N 193 avec sa femme, alors absente, il nous propose de nous rafraichir, et nous montre les peintures qu’il crée pour lutter face à l’ennui. « Vous savez, ici, on est assez isolés ». Toussaint demande à Jean ce que pensent ses collègues de sa marche. Jean lui répond : « Mes collègues ? Une certaine forme de respect, parfois un rejet, parfois un questionnement sur ce que je fais au juste. Moi je ne remets en cause personne, je pose mon acte en tant que député de la nation. »

Toussaint réagit sur l’altruisme que lui inspire la marche de Jean et dit : « Aujourd’hui on arrive à un potenta local, avec un fonctionnement presque féodal. Ils oublient qu’ils ont été élus, et mettent en place un système clientéliste. »

Quelques kilomètres plus loin, nous entrons dans la commune de Barchetta. Carole et Richard nous accueillent et nous offrent un café et quelques croissants afin de prendre des forces. Nous échangeons avec eux, lorsqu’une voiture arrive et klaxonne : « C’est pour notre fils Jean-Baptiste, c’est son premier match de rugby dans une petite équipe locale. » Jean le salue et parle un peu de rugby avec lui avant qu’il ne rejoigne le terrain.

Nous prenons congés et reprenons en marche. Nous rencontrons M. Bastiani, originaire du Cap corse, puis un peu plus tard un imprimeur et écrivain, Pierre Dominique. Ce dernier nous livre sa vision des langues régionales : « — Elles nous donnent l’accès à l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne. C’est important et ce fut formateur pour nos jeunes. Les tribuns et orateurs importants savaient plusieurs langues avant, et surtout les langues régionales. Or les Etats ne comprennent plus cela.

Ils ne comprennent pas. Ils sont trop loin de la politique réelle, répond Jean, qui se fait remettre un livre sur la Corse et son histoire par Pierre.

Je vais vous dire, nos ennemis sont la finance et l’administration.

L’administration, aujourd’hui, n’est certes plus celle que l’on a connue. Car nous avons mal tenu l’administration. Mais là réside une partie de mes revendications : la nécessaire reconstruction d’un Etat fort et d’une administration efficace. »

Quelques mètres plus loin, Patrick Vinciguerra, journaliste de France Bleu Corse nous rejoint et marche quelques centaines de mètres avec Jean pour l’interviewer.

Vers 16h, nous rentrons dans Ponte Novu. Jean-Paul, Bastien et Paule nous interpellent. Jean-Paul et Paule tiennent une station-service.

Jean-Paul commence : « — Je suis content que vous veniez en Corse. A droite, à gauche comme au centre, rien ne débouche sur quoique ce soit. Les jeunes d’ailleurs ne reçoivent plus d’aide de l’administration, que ce soit pour travailler ou bien encore fonder leurs entreprises. Ici, vous savez, nous sommes encore un peu préservés, mais la baisse d’autorité est perceptible. »

Et puis nos langues que nous laissons tomber, même la langue française face à l’anglais n’est plus défendue. Les politiques ne croient pas au pays, lui répond Jean. »

A 18h un homme s’arrête, Philippe et nous dit : « Regardez les charges qu’un jeune employeur doit payer. Regardez les terres à l’abandon. C’était de l’herbe il n’y a pas si longtemps. » Sur le bas-côté, Marie-Jeanne, amie de Jean, ancienne maire et présidente de l’ANEM se gare. Elle nous apporte gentiment de l’eau et nous dit : « Les gens ne s’impliquent pas. Je ne suis pas contre les nationalistes d’ailleurs. Ils nous ont préservés de plusieurs dangers. »

Une heure plus tard, à l’entrée de Ponte Leccia, une femme s’arrête. Virginie, assistante vétérinaire, nous dit : « Ça m’intéresse de voir des gens enfin marcher pour quelque chose. Je suis admirative. Je me suis dit en vous voyant marcher qu’au moins il y a quelqu’un qui va au bout de ses idées. Je suis sincèrement contente de m’être arrêtée. »

Devant la mairie, neuf personnes nous attendent : Le maire, M. Vincent Cognetti, son premier adjoint, et leur famille. Ils nous proposent de rentrer dans la mairie.

Le maire nous explique que nous sommes sur la commune de Pascal Paoli. Il y est né et enterré. Il nous dit : « Vous êtes vraiment un député du monde rural. Cela fait plaisir de vous rencontrer. » Ils discutent, puis le maire lui fait signer le livre d’or de la commune et lui remets la médaille de Pascal Paoli. Ils nous offrent généreusement de quoi nous restaurer pour la fin de la marche, puis nous repartons en direction de Corte.

Il fait nuit noire, mais équipé des gilets jaune de rigueur, nous continuons notre route. Nous dépassons Francardo vers 22h, puis nous arrivons à la route qui prend la direction de Soveria, à quelques dizaines de mètres de l’entrée de la commune. Isabelle nous y attend pour nous ramener à Bastia. Nous reprendrons la marche le lendemain à ce point ci.

Nous finirons la journée à 23h15, à environ 9km de Corte.

Après Funtanone, entrée dans les montagnes

Après Funtanone, entrée dans les montagnes

avec Toussaint

avec Toussaint

Sur la N193 en direction de Barchetta

Sur la N193 en direction de Barchetta

Au pain chaud à Barchetta, merci à Carole et Richard qui nous ont restauré et bonne chance à leur fils pour sa carrière de rugbyman

Au pain chaud à Barchetta, merci à Carole et Richard qui nous ont restauré et bonne chance à leur fils pour sa carrière de rugbyman

Pierre Dominique, imprimeur et écrivain

Pierre Dominique, imprimeur et écrivain

A Ponte Nuvo, avec Jean Paul, Bastien et Paule

A Ponte Nuvo, avec Jean Paul, Bastien et Paule

5 et 6 octobre : Bastia/Casamozza-Casamozza/Soveria
rencontre avec M le Maire de Ponte Leccia, Vincent Cognetti

rencontre avec M le Maire de Ponte Leccia, Vincent Cognetti

remise de la médaille de Pascal Paoli

remise de la médaille de Pascal Paoli

5 et 6 octobre : Bastia/Casamozza-Casamozza/Soveria
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