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Après un départ de la mairie d’Aucamville vers 16h, nous avons suivi des petites rues avant d’arriver sur le Canal de Travers, et de marcher à partir de l’écluse de Fenouillet en direction de Saint Jory. Cette voie verte est avant tout une promenade pour les résidents locaux. Nous sommes accompagnés de Bernard, responsable logistique dans le sud-ouest pour l’approvisionnement des stations-services et Rudy, patron d’une entreprise et conseiller municipal à Coulommiers.

Jean a croisé quelques personnes, mais beaucoup de cyclistes circulent ici et peu se sont arrêtés.

Daniel, 60 ans, chômeur depuis peu, ancien cadre commercial, fils de mineur dans le nord. Il s’arrête à la hauteur de Jean et descend de son vélo : « Je suis naturellement à gauche, je ne vous le cache pas, je pense qu’on ne doit pas déjà faire le procès de notre président dès maintenant. Mais je suis tout de même désabusé. Les politiques n’ont plus beaucoup de pouvoir, vous devez vous en rendre compte à l’Assemblée ! C’est la finance qui est aux commandes. Les marges de manœuvres sont faibles. Hollande est surement arrivée avec de bonnes intentions, mais confronté à l’exercice du pouvoir… C’est aberrant ! Je ne sais pas ce qu’il faut faire aujourd’hui. »

Jean : « Comment trouvez-vous la période actuelle ? »

Daniel : « Pour moi, très difficile. Mais bon, je vais rebondir. Je viens de repasser à 60 ans un CAP de pâtissier. Mais mes enfants... Un exemple : mon fils, bac + 5 en Histoire, il fait de la téléphonie pour gagner sa vie. Ce n’est pas normal. Mais il a une famille à assumer, alors il faut faire rentrer l’argent. » Jean et Daniel parle encore quelques minutes sur la structure technocratique du pouvoir français et européen, puis Jean lui explique sa démarche, le remercie, et reprend son chemin, toujours accompagné de Bernard et de Rudy.

Patrick, représentant au syndicat de la propriété rural qui défend les intérêts du petit propriétaire nous confie ses préoccupations : "Les propriétaires terriens, dont la plupart sont des paysans retraités, ou des veufs/veuves, ne peuvent transmettre leur exploitation faute de repreneur. Ce sont des terres qu’il appelle « gelées ». Or ici nous sommes en banlieue. C’est tout de même classé zone verte, on n’a pas le droit d’y faire n’importe quoi. Un propriétaire terrien possède un foncier qui ne lui rapporte rien. Or quand la mairie change la destination de la terre, elle fait le jackpot. Elle l’achète très peu cher, quelques euros le mètre carré, puis grâce au changement de règle du jeu qu’elle opère, remplie ses caisses. L’agriculteur ou le petit propriétaire terrien ne s’y retrouvent plus. Le capital qu’il a eu pendant plusieurs générations, il pouvait le négocier mieux qu’actuellement ! Le petit n’est pas assez défendu. La pression immobilière sur l’agglomération de Toulouse liée à la croissance d’Airbus stimule cette recherche de terre. Les maires cherchent des réserves foncières à bas coût. Personne n’en parle, or ce sont des problèmes de fond. »

Au bout du canal, à l’écluse de Saint Jory, Vincent, élu Modem dans l’opposition à la commune de Saint Jory, nous attend. Il nous propose de le suivre dans une réunion préparatoire au conseil municipal de l’opposition. Jean s'y rendra pour présenter sa marche et échanger avec les conseillers.

Retrouvez les photos de cette étape dans l'album réalisé par Bernard Malherbe :

http://www.flickr.com/photos/ormeaux/sets/72157636758832294/

Tag(s) : #comptes rendus