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Bessens- Castelsarrasin, 20 octobre

Le maire de la commune de Pompignan sur laquelle nous avons dormi, M. Belloc, nous rejoint chez les parents de Yohan, ancien assistant parlementaire stagiaire de Jean, vers 11h30. Une discussion s’engage avec Marthe sur l’intercommunalité et la modification actuelle des cantons. Sont présents M. Belloc, son épouse, un conseiller municipal, M. Baldassi et son épouse.

M. Belloc : « M. le député, je suis vraiment ravi de vous rencontrer. Pourquoi cette Marche ? Vous êtes hyperactif ? »

Jean : « Non, je m’en serai passé figurez-vous. Mais j’avais l’impression d’être en délit de fuite. J’ai tout essayé pour m’éviter de le faire. Je n’avais pas besoin de marcher, je savais où j’en étais. Mais je voulais poser un acte en tant que député. Je voulais voir et comprendre la diversité de ces "Frances." »

M. Belloc : « Je crois en la diversité de nos territoire, ce sont des stabilisateurs, et la force réside dans nos territoires. Heureusement que dans nos 36 000 communes, la plupart sont gérées en bon père de famille. Cela nous permet de passer la crise, c’est une soupape de sécurité. Cela nous a évité quelques désagréments. »

M. Belloc : « L’intercommunalité, j’y crois quand même un peu, mais elle doit se faire sur un bassin de vie, il ne faut pas qu’elle soit démesurée. Aujourd’hui, en plus, ce qui me conforte, c’est que le canton a été redessiné, et suit les contours de ce bassin de vie. »

Jean : « Si nous additionnons les siècles d’histoire des différents pays européens, c’est incroyable comme nous n’arrivons pas à affronter nos opinions, on repousse la construction européenne. Les américains sont occupés sur quelques fronts, les chinois et les autres arrivent dans le rétroviseur. »

M. Belloc : « vous ne croyez pas qu’il aurait fallu construire l’Europe sociale avant le reste. Là c’est du n’importe quoi, ça part dans tous les sens, et les gens ne s’y retrouvent plus. »

Jean : « oui, et d’ailleurs, c’est l’avis que je recueille tout au long de ma marche. Les gens ne disent qu’ils n’y croient plus, et je ne trahirai pas leurs paroles. »

M. Baldassi : « Et les députés français européens, est ce qu’ils sont là et est ce qu’ils travaillent ? »

Jean : « Oui, ils sont là, mais ils ne servent à rien. Ils sont pieds et mains liées, et d’ailleurs, mes collègues me disent : je pense comme toi, mais je ne peux rien dire. J’ai mon parti, j’ai mes électeurs. Si je dis quoi que ce soit, je saute. Et je leur réponds : et moi, alors, tu ne crois pas que j’en ai des primaires, des secondaires, et même des tertiaires. »

La conversation porte ensuite sur les élections, sur le manque de choix que les citoyens ont.

Jean« Les gens ne parlent pas car ils ont le cœur pris, et il faut le dégripper, les décrisper, et ensuite les gens pourront de nouveau être créatifs : actuellement, il faut une re-conscientisation du peuple, réinjecter de l’ingénieurie de l’intelligence collective. »

Le repas auquel nous devons participer se prépare quand Jean, à 13h15, pense qu’il est temps de partir afin de faire quelques kilomètres avant que les promeneurs du dimanche ne s’amoncèlent le long du canal. Nous prenons alors la voiture pour nous rendre précisément à l’endroit où nous nous étions arrêtés la veille au soir.

Etape : Bessens – Castelsarrasin par le canal : 23km

Départ à pieds à 13h30

Blandine, originaire de la campagne de Finhan, bourgade voisine, retraité de nourricerie, s’arrête en vélo.

Jean lui demande comment elle voit l’avenir. Blandine : « Je ne sais pas trop, c’est davantage pour les enfants qu’on a peur. » Jean lui répond : « Je vois ça partout pareil, cette même inquiétude pour les générations qui nous succèderont. » Il lui explique sa démarche et lui laisse son ordre de mission.

Jean : « Qu’est-ce qui vous frappe le plus autour de vous Madame ? »

Blandine : « Nous avons recu récemment une lettre de notre mairie. Il y a un projet de déchetterie mais il n’y a eu aucune consultation de la population. On nous annonce cela de but en blanc. On a l’impression de ne plus participer. »

Jean la salue, la remercie pour son soutien, puis continue sa Marche le long du canal.

A 15h, nous arrivons à 4 km de Montech. Nous avons marché d’un bon pas sans être interrompu. Anne Marie, retraité infirmière, et Pascale, assistante maternelle encore en activité, nous saluent.

Anne Marie : « ils ne se rendent pas compte, les députés, il faudrait les pendre ! C’est ce que je pense moi, vu leur efficacité. Ils ne pensent qu’à eux et leurs amis. »

Jean leur explique sa démarche qui " ne s’ ancre dans un parti, je fais ça d’une manière apolitique. » Anne Marie réagit : « Et bien vous devriez les contaminer, vos collègues ! » A ce moment, un vélo s’arrête, Ibrahim, environ 45ans, vient saluer Jean, lui serrer la main et lui souhaiter bon courage. Nous repartons rapidement, et quelques minutes plus tard, à l’ombre des platanes, Jean décide de faire une pause : changement de chemise et quelques minutes de repos. Vers 15h30, Jean Claude Tronco et sa fille Camille, un couple d’amis, Hélène, Yves-Yann et leurs deux enfants nous rejoignent. Nous reprenons la marche jusqu’à Montech.

Beaucoup de personnes nous y attendent. M. le député maire, Jacques Moignard, l’attend et lui offre une bouteille de liqueur de Montech. Ils discutent longuement. Une quinzaine de personne sont là, et Jean discute et serre beaucoup de main. L’ambiance est très chaleureuse.

Jean, une heure plus tard, se fait interviewer par Michel Lecomte pour le média dont il est le fondateur : Networkvisio.com. Il s'agit d'un média associatif qui revendique 450 000 visiteurs en moyenne par jour, et une couverture nationale.

Nous reprenons le chemin vers 18h après avoir salué tout le monde.

Jean, Marthe et moi-même continuons d’un bon pas. Il nous reste 8km, et la nuit est tombée. Thierry Faget, Président Modem Tarn et Garonne, vient nous accueillir à une écluse, il marche un peu avec Jean, puis retourne à sa voiture et nous guide jusqu’au restaurant L’auberge du Moulin, tenu par Sonia et Dominique. Il est 22h30. Thierry Faget est donc le seul présent en plus de l’équipé à 4 que nous formons avec Marthe. Thierry nous explique assez précisément son métier et surtout ces liens difficiles avec le Ministère de la Santé, notamment par rapport aux nouvelles directives qui, selon lui, vont déstructurer le travail des vétérinaires et peser par exemple sur la traçabilité des viandes. Nous mangeons et remercions l’équipe en cuisine et le service. Sonia, en service, et son époux Dominique en cuisine prennent un peu de temps pour échanger avec Jean. Sonia, également présidente des commerçants de Castelsarrasin, évoque les difficultés sur la région et l’entraide nécessaire. Elle nous dit également être fille d’agriculteur, et que personne dans sa famille n’a voulu reprendre l’exploitation, parce qu’ils avaient vu l’énergie que cela demandait et qu’ils ont tous voulu s’en émanciper. Elle nous confie d'ailleurs que ces deux filles de 14 et 18 ans ont la même réflexion concernant une éventuelle reprise de l'établissement familial.

Jean et moi-même reprenons la marche, pour faire les deux kilomètres restants entre le restaurant et l’hôtel Le Marceillac, au centre de Castelsarrasin. A un rond-point d’où s’enfoncent trois rues étroites en direction du centre, nous hésitons. Une voiture de la Police Nationale arrive alors, et les trois agents nous indiquent très gentiment la bonne rue. Jean les remercie, leur explique sa marche, puis nous arrivons tranquillement à l’hôtel, il est minuit passé.

Bessens- Castelsarrasin, 20 octobre
M le député maire de Montech, Jacques Moignac

M le député maire de Montech, Jacques Moignac

Bessens- Castelsarrasin, 20 octobre
ancienne papeterie le long du canal, sur la commune de Montech

ancienne papeterie le long du canal, sur la commune de Montech

arrivée à 23h45 à Castelsarrasin

arrivée à 23h45 à Castelsarrasin

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