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Lundi 21 octobre : Castelsarrasin – Valence

Etape : Castelsarrasin – Valence : 25 km environ

La journée commence avec le départ de Marthe, adjointe de Jean à la Mairie de Lourdios, qui nous accompagne depuis samedi, qui nous dit au revoir et part prendre son train pour Pau. Elle nous rejoindra dans les semaines à venir. Merci à elle du soutien qu’elle apporte quotidiennement à Jean.

A 14h, Jean répond à une interview à l’hôtel par Radio Totem, menée par Johan Gesrel. Après l’interview, Yvon Sarraute, président régional de la Mutualité Sociale Agricole, engage une discussion avec Jean :

« — Dans le département, nous sommes le 1er producteur national de pommes, l’un des principaux producteurs de fruits, mais nous avons des inquiétudes. Inquiétude vis-à-vis de la communauté européenne : harmonisation des méthodes et outils fiscaux. On a eu une fuite en avant, avec une désorganisation totale, sur la protection sociale, les couts du travail, etc. Aujourd’hui on part avec un boulet au pied. Nous avions ici quelque chose qui marchait très bien : la défiscalisation des heures supplémentaires. En les re-fiscalisant, on enlève du pouvoir d’achat à nos ouvriers. Ensuite nous avons tout ce qui est contrainte phytosanitaire. Quand on traverse la frontière en Espagne, ils font comme ils veulent. Nous sommes horrifiés du politique, car il n’y a plus de politiquement correct. Nous n’avons pas les même méthodes et outils, ou protection. Avec de l’économie je fais du social, je ne ferais pas l’inverse. Alors si on veut redonner du courage aux citoyens, il faut laisser respirer les entreprises. Exemple des petites entreprises : il faudrait revoir la répartition des gains. RSA + obligation d’heures de travail par semaine. Avec toutes les aides, un assisté arrive à avoir près de 2 000 €. Bien plus que mes salariés qui s’échinent au travail. Il faut remettre la valeur travail. Dans le contexte français actuel, on sait très bien qu’il va falloir faire des sacrifices, mais arrêtons d’étrangler nos entreprises. Soyons clair politiquement envers tous les citoyens. Exemple de technique de conservation utilisée en Turquie, interdite en France, mais dont les produits arrivent ici. Alors peut être que je réfléchis trop basiquement, mais voici le fond de ma pensée. A partir du 1er janvier, il faut savoir que tous nos fonds de la MSA remonteront le soir à Paris, et le lendemain, les pouvoirs publics nous redonnerons ce dont ils jugeront que nous avons besoin. Peu importe si les fédérations géraient leur affaire bien ou mal. Avant, on gérait la MSA un peu comme une entreprise, demain, c’est fini.

Comment cela se passe au niveau des contributions des agriculteurs et de leurs pensions ?

Le gros souci, c’est qu’on va aller vers 60% de retraités agricoles, pour à peine 40% d’actifs.

Oui, j’ai d’ailleurs beaucoup discuté avec des céréaliers. Beaucoup de jeunes ne reprennent pas les exploitations familiales, même là où il suffit de se baisser pour ramasser l’or de la PAC. Il n’y a pas de paysans, il n’y en a plus. »

Yvon explique son exploitation et dit qu’il faut très bien préparer sa transmission. C’est quelque chose de très difficile car c’est un milieu très conservateur.

Jean le remercie et insiste sur l’importance du domaine agro-alimentaire, domaine nourricier de la France, et qui manque de moyens d’expression et de soutien, et surtout d’écoute. Les gens ne veulent plus se tourner vers l’agriculture ou même plus généralement l’apprentissage.

Les deux hommes se séparent. Il est 15h30, la marche va pouvoir commencer, direction Valence.

Jérôme, fils de paysans - sur 12 générations !-, qui travaille chez Airbus dans l’informatique à Toulouse, nous a rejoint. Nous croisons sur le bord de la départementale, à la sortie de la commune, Eveline et Laurette, avec qui nous discutons quelques instant.

Nous arrivons sur la commune de Moissac et faisons deux belles photos sur le Pont Napoléon. Alors que nous cherchions notre chemin, je demande à deux dames qui, alors qu’elles paraissaient très paisibles, me répondent très agressivement lorsque je leur dis accompagner un député. Nous passons notre chemin, et trouvons la bonne direction, il est 19h.

Nous longeons le canal tranquillement, la nuit tombe, nous ne croisons personne.

A Malause, 6km environ avant l’arrivée, nous rencontrons Alexis et Aurélie, enceinte d’une petite fille qui s’appellera a priori Célestine. Nous les remercions pour l’indication d’itinéraire alors que la voie verte était en travaux. Nous arrivons dans le village étape à 23h. Nous sommes reçus par Thierry Faget et ses amis, que nous remercions pour le repas préparé à minuit et pour la chambre d’hôte.

Lundi 21 octobre : Castelsarrasin – Valence
Anicette Touillez, propriétaire de l'Oustalet d'Anicette

Anicette Touillez, propriétaire de l'Oustalet d'Anicette

Pont Napoléon, Moissac

Pont Napoléon, Moissac

Tag(s) : #comptes rendus