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Mardi 22 octobre : Valence - Agen

Etape : Valence d’Agen – Agen : 26km

Départ à 14h le long du canal de Garonne.

Nous repartons tranquillement avec Jean. Nous longeons le canal latéral et apercevons à notre gauche la centrale nucléaire de Golfech.

Vers 17h30, nous sommes rejoints à Saint Jean de Thurac, au niveau de l’écluse sur le canal, par deux personnes : Bruno Dubos et Joan Rousseau.

A 18h30, Jean est reçu sur son trajet par Mme La Maire de la commune de Lafox, Mme Christine Bonfanti Dossat, à la Mairie. 22 personnes sont présentes dont un journaliste de Sud-Ouest.

A 19h, nous reprenons la RD 813, en direction d’Agen. Il nous reste 8km. Jean accélère. Beaucoup de personnes nous klaxonnent et saluent Jean. Il arrive à 20h15 devant l’Hôtel de ville d’Agen.

Réunion publique à la mairie d’Agen : 20h45

Jean est introduit dans un premier temps par M. le Maire, puis par M. Bruno Dubos, président Modem Départemental.

Ils mettent en avant leur connaissance mutuelle. Jean parle de son passage le long de la Garonne, en tant qu’ingénieur conseil. Il dit d’ailleurs que son père et son grand père ont été bergers dans ces mêmes plaines. Il salue les conseillers généraux et régionaux et leur propose de se rendre à sa table (notamment Joan Taris). Jean pose sa démarche en tant que non partisane. Il donne des exemples. « Je souhaite voir l’échiquier le plus large de la société ». Il salue le maire qui a été informé de son passage la veille à 19h. Engagement républicain qui le touche. « C’est surtout vous, que j’aimerais entendre, parce que j’ai choisi d’écouter et de marcher. Je serais très heureux que vous puissiez prendre la parole, donner votre avis, voire livrer vos suggestions. » Il propose également aux personnes de venir pour la troisième mi-temps au restaurant. Afin de faire comprendre sa démarche, il lit à l’assemblée, venue nombreuse sa déclaration du 9 avril dernier. Il présente la diversité et l’organisation de l’équipe autour de La Marche (Comité de suivi, journaliste, étudiants en IEP stagiaire, comité internet). Rappel sur la nécessité de discuter et d’échanger. Rappel sur les possibles qu’a ouvert la France (déclaration des droits de l’Homme…). « La Marche ? Ce n’est pas moi qui l’ai inventée. Si l’on se réfère à la nuit des temps, on trouve des actes similaires ou mieux. Ces marches voulaient interroger les peuples. Je n’ai pas d’exemple sur les dernières décennies, et je ne veux pas être prétentieux en me comparant à des personnages que je ne suis pas. » Jean évoque les deux points de la discussion : comment vous ressentez le pays aujourd’hui ? Deuxièmement, quels devraient être les dossiers à engager pour retrouver une ouverture d’esprit, un optimisme ?

Michel-Mathieu, consultant et hôtellerie : « Il y a deux choses qui m’exaspèrent : le défaitisme et l’exclusion des jeunes. Notre pays crève de l’exclusion des jeunes. Qu’est-ce qu’on peut faire pour ces jeunes ? J’aimerais avoir votre sentiment. »

Brigitte : « Mon mari est chef d’entreprise, il a un petit garage. Mais nous payons beaucoup de charges. Or on fait beaucoup de social. Trop. Les gens ont faim. Des jeunes sont dans les rues à 12-13 ans. Nous avons fait la politique de l’enfant roi, il y a un moment où il va falloir l’assumer. »

Corinne, tête de liste pour les municipales d’Agen : « Je te suis tous les jours sur le Facebook de la Marche, nous avons les mêmes sujets sur notre terrain. Mais au-delà, je suis choquée du « tous pourris » que j’entends. Que faire face à ce désintérêt et à cette méfiance ? »

Patrice, chef d’entreprise. Constat d’un fossé entre le monde de l’entreprise et le monde politique : « Je ne sais ce qu’est la solution, peut être consulter les entreprises, les entrepreneurs. Je trouve que nous ne sommes pas assez sollicités par les politiques contrairement à d’autres corps constitués. »

Gérard, chef d’entreprise : « Nous n’avons plus la notion de responsabilité, c’est très grave. Cette notion de principe de précaution est un frein dans notre pays. Nous ne pouvons pas être inventifs et créatifs. »

François, chef d’entreprise également : « C’est vrai que tout change, c’est très rapide. Je suis également conseiller municipal d’Agen. Cette semaine j’ai vu un couple de personnes âgées, mais au rythme de l’augmentation des prélèvements sur le foncier, ils ne pourront pas rester dans leur maison. Il y a un véritable problème. Que faire ? »

Un retraité : « Lorsque cela ne marche pas, on fait un retour d’expérience. Cela manque actuellement j’ai l’impression. On ne sait d’ailleurs pas travailler ensemble. On adapte de plus son train de vie à ce que l’on a. l’homme politique n’est plus crédible, c’est ce que je ressens. »

Robert, retraité : « J’ai vu en vous effectivement un pèlerin, qui cherche un Saint jacques de Compostelle républicain. Est-ce nécessaire ? Deuxièmement, je vois deux France. Le politiquement correct ne serait-il pas mortel pour nous ? »

Laurent-Nicolas, prof en collège : « Que pensez-vous de la mise à mal de l’autorité des professeurs par les élèves, et les parents également ? Pareil pour les juges ? D’ailleurs, que pensez-vous des instances éducatives, notamment du système du collège unique ? Il faut arrêter de dire que les maths sont la seule sélection. La sélection doit être faite à un moment donné. Mais que faire… »

Jean : « Il y en a eu pas mal pour un premier tir. Je vous remercie pour cette participation aux pieds levés. D’abord, que les choses soient claires : si en 4 500km j’avais toutes les solutions, Einstein se retournerait dans sa tombe, et je ne serais pas très sérieux devant vous. Je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un qui puisse d’ailleurs de bout en blanc apporter des réponses à vos questions. Je crois que c’est un cheminement, une discussion qu’il faut lancer.

Robert, je sens que le maire est une personnalité politique qui reste aimée par nos concitoyens. Mais avec les réformes actuelles, notamment avec les agglomérations, les citoyens ont peur de perdre leur maire. Clovis et la relation au territoire. Et je sais que chez vous comme chez moi, le lien homme-territoire a du sens. C’est la première fois qu’on touche à cette notion, c’est un acte très lourd, et on peut se demander si alors que nos citoyens demandent de la proximité, on éloigne celui qui représente le suffrage universel direct et la figure du maire. Combien m’ont dit : on a perdu le curé, l’instituteur, le postier, le pharmacien, le boulanger… Mais laissez-nous le maire !

En ce qui concerne la coupure en deux, la majorité des citoyens sont blessés. Blessure je pense déjà latente, mais qui s’est élargie ces derniers mois et années. Les Français reprochent à la gauche et la droite d’avoir fait les mêmes choix politiques : ouverture des marchés, libre concurrence… etc. Ils me demandent où sont passé les emplois industriels ? Pourquoi n’y a-t-il pas de débat à ce sujet à l’assemblée ? L’agriculture est également en danger, et nous allons le découvrir dans les prochaines années. 1 fils de paysans sur 10 seulement reprendra l’exploitation agricole. J’ai en juin déjà fait un compte rendu au président de l’assemblée et de la République, car je n’ai jamais entendu ce que j’entends, même dans mes nombreuses campagnes municipales. Polémiques à outrances, alors que ceux au pouvoir devraient se hisser au-dessus de telles bassesses, tout en étant plus modestes.

C’est aussi la question du politique qui revient. J’ai été surpris du niveau de détestation à notre égard. Le sentiment de confiance est brisé. Ce qui est mis en avant, c’est la faute que représente la professionnalisation de la vie politique. Les gens me disent : pas à ce point ! Quelqu’un est battu, on le retrouve quelques semaines plus tard à un autre poste. Sentiment que nous ne touchons jamais à nos avantages, mais que nous touchons un peu à ceux des citoyens. Ce qui choque aussi, c’est l’alignement à un parti politique. Comment se fais ce qu’il y ait si peu de manières de penser ?

Ce qu’on me demande : surtout ne travestissez pas nos mots. On veut si possible, pour une fois, entendre nos propres expressions. On ne veut pas entendre que notre pays se porte bien, qu’il y a juste quelques petits problèmes ici et là. Non, décrivez la France telle qu’elle est. Alors certains me décrirons comme défaitiste, mais je ne fais que retranscrire l’humeur d’une France qu’on n’écoute plus.

Sur les chefs d’entreprises, j’entends beaucoup que les charges sont trop lourdes et que personne ne songe à remettre en cause le principe de précaution. Patrice, c’est pour moi un honneur de rencontrer les chefs d’entreprise, on ne les rencontre pas souvent dans les réunions politiques, car ils n’ont pas beaucoup de temps, et d’autre part parce qu’un chef d’entreprise doit faire attention à ne pas froisser quelqu’un. Alors je vais vous faire part de mon expérience dans le Nord : ils m’ont dit qu’ils regrettaient m’avoir combattu lorsque j’ai défendu l’entreprise de ma circonscription. L’acier a disparu, dans le nord, c’est au-delà de la colère, c’est de la résignation. Des hommes de 40 ans, qui ont tout perdu, la perte de la maison, le couple qui se brise, les enfants éparpillés, la découverte de Pôle Emploi, l’absence de perspective pour les entreprises, se battre pour un modique CDD, comment participer à un marché européen, quand d’autres pays vont faire des offres alors que les moyens, outils et impôts ne sont pas les mêmes. Les chefs d’entreprise et les salariés sont mortifiés, mortifiés de voir le déclin vertigineux de l’industrie.

Le plus important, c’est de ne pas couper les gens. Si on les laisse parler, après avoir vidé l’abcès, ils vont dire leur sentiment, et même esquisser des idées novatrices. Les Français aiment la politique, je le vois, il suffit de libérer les cœurs de leurs pressions. Je réponds maintenant à Laurent : Sedan, les hussards noirs… Si ça eu lieu une fois, pourquoi ne pas le refaire ? Nous ne comprenons rien aux réformes actuelles. Remettre l’école, c’est retrouver l’autorité, les élèves et les parents qui sont perdus. Qu’est-ce que d’après vous il faudrait faire ? Si nous sortons du politiquement correct, si nous osons à nouveau c’est pour cela que je pense que mon acte est dérisoire, mais il est ! Il est ! » scande Jean.

Un homme, à propos de l’autorité et du service militaire fait remarquer qu’avant on ne disait « tu ne seras un homme qu’après ton service. »

Jean se prononce : « Je suis pour un service civil homme et femme obligatoire. »

Elise, quelques petites propositions dans le discours :

- Crainte et peur sur le domaine économique. On dit beaucoup moins que la richesse globale augmente. Il va falloir questionner la distribution de la richesse.

- Relocaliser l’économie

- Stigmatisation des assistés, or l’évasion fiscale coute plus cher.

- L’école est quand même un formidable outil pour le lien social et l’intégration.

Chantal, retraitée de la fonction publique : « Vous avez dressé un tableau assez sombre, mais avez-vous rencontré des optimistes ? »

Robert : « Je suis originaire du Nord, j’ai vu tomber les entreprises, je les ai vu partir. J’ai l’impression qu’on perd ce sentiment que ce pays et l’Europe peuvent s’en sortir. Or nous l’avons déjà fait par le passé comme vous l’avez dit. »

Jean : « Madame, le tableau dressé, il est fait à partir d’une écrasante majorité. Je croise des optimistes, mais peu. Je croise par contre des zones où la résignation est moins présente. La résistance y point parfois. Par rapport aux remarques d’Elise, je crois que c’est un certain nombre de pistes qui viennent également directement des citoyens. Sauf que tous mes interlocuteurs se demandent de quelle manière faire aboutir ces idées, notamment sur la réforme fiscale. »

La réunion, devant près de cent personnes, se termine alors, et se poursuivra par un dîner en présence des citoyens volontaires pour y participer avec Jean.

Retrouvez le reportage de France 3 Aquitaine

à la mairie de Lafox, avec Mme Christine Bonfanti Dossat, maire de Lafox

à la mairie de Lafox, avec Mme Christine Bonfanti Dossat, maire de Lafox

Avec Jean Dionis, maire d'Agen et Bruno Dubos, président départemental du MoDem

Avec Jean Dionis, maire d'Agen et Bruno Dubos, président départemental du MoDem

Tag(s) : #comptes rendus, #réunions