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Réunion publique à Bastia, à l’hôtel La Riviera : 20h30 (compte rendu de Paul Antoine)

Jean commence par démontrer sa connaissance de la Corse et de ses habitants. Il remercie les corses pour leur accueil très chaleureux, il est très touché par tous ces gens qui s’arrêtent, ceux qui klaxonnent au bord de la Nationale. Il explique son indépendance, sa vision du député de la Nation, et ce qui l’a amené à entreprendre sa démarche. Il présente également les résultats à ce jour.

Xavier, ancien directeur de la chambre de commerce de Bastia. « Ne peut-on pas parler d’un échec du dispositif, du système centralisateur de l’Etat ? Il faut peut-être remettre l’économie, la confiance au niveau du territoire ? »

Pascal, originaire de Bastia, chargé de mission à la culture dans un établissement public régional. « Vous l’avez dit, on se ressemble avec notre identité forte, renforcée avec le sentiment d’insularité. Et c’est exact. Un avis personnel : la République, celle-là en particulier, n’a pas su prendre en compte la diversité de ses territoires. Si par culpabilité, elle a su rendre justice à quelques territoires d’outre-mer, la République n’a pas su ici prendre en compte la Corse. Pour l’économie, en Corse, tout est compliqué, notamment avec les distances, le recul des terres agricoles. Il y a une classe politique qui s’est servi et en a profité de cette situation. C’est pour cela que nous avons une envie de prendre notre destin en main. »

Gilles, de Bastia, avocat et élu territorial à l’assemblée de Corse, et dans l’opposition nationaliste à Bastia. « Ce qui m’a fait venir ce soir, c’est votre choix courageux de venir au contact des gens. C’est un exercice de démocratie directe, ancrage terrien et pastoral qui fait écho à ce que nous sommes également. Or cela s’oppose aux politiques en général, les parisiens, qui ne nous comprennent pas. Il y a une forme d’autisme. Exemple : le Président de la République, qui fait comme si de rien n’était, alors que les votes sont là (30% de vote pour les nationalistes). Votre venue est comme un bol d’air. »

Vanina, de Bastia, consultante dans une agence de communication. « Les représentants du Gouvernement n’écoutent pas ce que les territoires leur disent. C’est tragique, je trouve

Jean répond : « Est-ce que ce n’est pas l’échec de la République ? Moi je crois que depuis la Révolution, nous avons eu de beaux comme de mauvais moments. Je ne sais pas si le système est mauvais. Je pense que les démocrates ne savent pas le défendre lorsqu’il est en danger. »

Xavier : « La République ne sait pas naviguer en temps de tempête, c’est sûr ! »

Jean : « Oui, les politiques se taisent, n’osent pas se lever, s’opposer. Cela favorise tragiquement les extrêmes. Je ne sais pas si c’est une carence du système. Je pense que c’est un outil de l’homme dont l’homme doit apprendre à se servir.»

Xavier réagit sur ce que les gens viennent de dire : « Il était plus simple de se battre à Bruxelles qu’à Paris. Il y a véritablement un autisme en France pour les régions. »

Jean : « Est-ce que selon vous il y a un péril ? Quels sont les points sur lesquels nous pourrions agir ? »

Pierre, patron d’une compagnie maritime : « Une des erreurs françaises, c’est de penser que les problèmes sont français. Or c’est une crise internationale. Nos élus ont une échéance qui est la réélection, il ne faut pas prendre trop de risque. Il faut réformer le système pour que l’élu devienne vertueux. Pour ne pas se soucier d’une réélection, je pense qu’il faudrait intégrer la notion du mandat unique. Six ou sept ans à la charge. C’est peut être utopiste, mais je pense que l’on ne pourra pas régler les deux problèmes que sont la dépense publique et les retraites avec le système actuel ».

Philippe, penseur bastiais, « Ce que je constate, c’est que les Français sont monarchistes. Le Président de la République n’a pas le pouvoir réglementaire et législatif, c’est le Premier ministre. Ils votent pour un homme. Je constate une chose, c’est qu’il y a un fossé entre le discours d’un parti politique, et le sentiment des partisans et militants. C’est mon histoire qui a fait de moi un Corse. Je me méfie des gens qui me disent qu’ils sont tombés amoureux de la Corse. Dix ans après je ne suis pas sûr qu’ils en seront amoureux. Je suis Corse parce que je suis d’ici. J’ai une conception ethno-communautariste de la Nation. S’il m’avait parlé de contrat social, je lui aurais dit : il n’a jamais existé, il n’y a jamais eu de territoire… Alors moi, un contrat social, je ne vois pas comment. Lorsque j’entends des amis parler de démocratie, je me dis : il faut un peuple constitué. Or je ne sais pas comment on peut l’instituer démocratiquement avant qu’il ne se trouve lui-même. »

Jean le remercie : « Je pense que si quelqu'un veut faire de la politique, il devrait faire un stage chez vous. Vous êtes passionné, vous m’intéressez beaucoup, et vous avez la capacité de conceptualiser et d’expliquer les concepts politiques. Le problème à nous politique, c’est que personne ne nous comprend, et que parfois nous ne nous comprenons pas nous-mêmes

Dominique, de Borgo, retraité de l’agroalimentaire. « Je suis pessimiste, car je me demande ce que vont devenir nos enfants. Je sais que vous, vous avez la réputation d’être un homme. D’ailleurs le mot Parlement, est composé de deux mots : parler et mentir. Seuls le savoir et l’amour de la vérité doivent gouverner, disait Socrate. Comment cela se fait, que ceux au Gouvernement, ne soient pas de ceux-là ? Pensez-vous que l’on verra quelqu’un de ce genre gouverner ? »

Pasquale-Elio : représentant du Modem local : « Votre marche me fait penser à la marche du Sel de Gandhi. Je me dit que vous écoutez les gens, et que vous avez-vous-même un message à délivrer : je vous écoute. »

Eric, informaticien « Je crois beaucoup aux politiques, parce que si les politiques n’interviennent pas, on laisse faire le marché. Je pense que vous avez beaucoup de travail ».

Jean : « Je vous remercie, je le crois également »

Pasquale, du cap Corse, ingénieur informaticien « Ce qui me choque le plus, c’est la perte d’identité. Je me souviens d’une société homogène, très soudée, qui baignait dans des valeurs traditionnelles. Avec le temps qui passe, on a l’impression d’être passé dans une lessiveuse. Les vieux, qui portaient les valeurs et la langue, qui sont décédés et qui ne sont pas remplacés. Les maisons secondaires pleuvent, et nous n’avons plus les moyens, nous Corses, au vue de notre salaire, de nous payer une maison au village. En plus, nous avons une perte de nos repères. Heureusement que nous avons les élus nationalistes qui nous représentent, mais lorsqu’on voit un président de la République, un gouvernement parisien qui ne nous écoutent pas, j’ai peur. J’avais besoin d’écoute. »

Jacky, retraité de la fonction publique, élu dans l’opposition dans un village corse. « Je pense que pour connaitre la Corse, il faudrait rester plusieurs mois. J’aimerais que vous fassiez remonter au niveau national ce que sont les problèmes liés à l’insularité. »

Un jeune homme s’exprime : « Est-ce que les représentants politiques locaux vont vous recevoir ? Sont-ils réceptifs à votre démarche ? Les connaissez-vous personnellement ? »

Jean : « Je connais vos parlementaires, mais je ne les ai pas prévenus de mon passage. C’est une question d’état d’esprit. J’ai voulu que ce soient mes pas et le chemin qui décident des rencontres. J’ai voulu surtout privilégier la spontanéité. Et puis je me suis dit que si je prévenais mes collègues, j’allais les mettre dans l’embarras. »

Jean termine la réunion en livrant ses conclusions, et remercie tout le monde de s’être déplacé, et pour leurs mots qui le touchent et l’honorent.

Tag(s) : #réunions