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Réunion publique : hôtel Ibis, 9 cours de Chazelles, Lorient.

19H30 : début de la réunion

Jean : « J’ai pris le bateau à Gijón, car j’ai un grand projet qui me tient à cœur et que je tiens à porter à bout de bras autant que je pourrai : l’autoroute de la Mer. Il y avait 90 camions sur le bateau que j’ai pris. Si on chargeait une bonne partie des camions sur les bateaux de Rotterdam, au Havre, à Bilbao, puis par Gibraltar jusqu’à Marseille. Cela permettrait de soulager considérablement le couloir rhodanien et la façade atlantique. »

Jean lit sa déclaration qui explique clairement sa démarche. Cahier de l’Espoir. « Je suggère aux citoyens que je rencontre de le remplir, si possible en groupe. Or, j’ai découvert, que les français qui aiment tant la politique, ne se réunissent plus en groupe. » Il rapporte son parcours, puis propose les deux questions qu’il souhaiterait voire aujourd’hui à la table du débat : quel est votre sentiment personnel sur votre situation, sur la situation du pays, où même de votre territoire ? Puis, quel serait le point qu’il faut changer en priorité ? Le débat se lance tout de suite.

Evelyne, travaille dans un laboratoire : « Les jeunes n’ont plus envie de parler de politique. Et c’est cela que je trouve le plus inquiétant. »

Noémie, retraitée de l’enseignement, qui a ouvert des chambres d’hôtes et des gîtes : « je suis d’accord, je vous rejoins car je trouve que cette jeunesse ne croit pas du tout dans la politique. Il y a des mails qui circulent sur Internet et qui d’ailleurs sont très déstabilisant. »

Valérie, Mère au foyer, 3 enfants, mon mari est artisan décorateur : « moi j’ai très peu voté, car cela ne m’intéresse pas, je trouve que tout est faux. D’ailleurs venir à la réunion, c’est ce qui me gênait, mais comme je ne pouvais pas venir marcher avec vous… D’un bord ou de l’autre, qu’on vote droite et gauche, c’est la même chose. Et d’ailleurs, si on ne vote pas, ou si on vote blanc, ce n’est pas pris en compte. » La salle réagit un peu.

Noémie : « la personne qui vote blanc ou qui ne va pas voter, cela signifie quelque chose. Si on en tenait compte, il y a beaucoup de choses qui changeraient. »

Jean-Yves : « Alors est ce que vous pensez que si le vote blanc est accordé, l’abstention baissera ? »

Noémie et Valérie réagissent et approuvent.

Yves, retraité comme ingénieur dans l’aéronautique: « ma question sera simple : Qu’est-ce que c’est un député, et plus largement qu’est-ce que c’est qu’un élu ? »

Stéphane, assurance mutualiste : « je rejoins cette question, car j’ai le sentiment que nous sommes dans un pouvoir administratif, que les décisions ne sont plus prises là où elles le devraient. Nous ne sommes plus dans une démocratie représentative, mais dans une monarchie administrative. Un exemple pour l’illustrer : la Banque le Crédit Immobilier de France. L’administration qui a cassé le système de cette entreprise qui symbolisait l’économie sociale, c’est le Trésor. Ici nous avons vu que les politiques ne voulaient plus prendre la décision et qu’elle avait été transférée à l’administratif. Là on voit son poids, car on n’en a peu entendu parler, à chaque fois que nous avons essayé de nous faire entendre dans les médias, nous avons eu une fin de non-recevoir, et nous avons senti la pression administrative derrière. C’est 2 000 salariés sur le carreau. Deuxième grand problème dont je voulais parler : la politique n’est aujourd’hui plus que de la communication. »

Jean : « une chose est certaine, c’est que vous ne pratiquez pas de la langue de bois. Je vous laisse continuer, j’ai vu que vous vouliez vous exprimer. »

Jean, élu local, qui était directeur du pour de pêche de Lorient : « Je suis convaincu qu’il y a beaucoup de potentiel que nous avons : par exemple la recherche sur l’énergie, il y a des potentialités que l’on utilise mal (électricité, énergie marine), il ne faut pas oublier ce qui marche. Et cela va de même pour l’agro-alimentaire ici en Bretagne. »

Mickael, ingénieur dans une entreprise qui travaille dans l’aéronautique, 25ans : « Quand on est jeune on a envie de chose qui nous parle. Et lorsque l’on écoute les politiques, on entend que des sujets de communication et des couacs, des buzz, sur des objets sociaux assez légers. Lorsque je suis arrivé dans mon entreprise, j’étais jeune, on m’a fait confiance. Et cela m’a aidé. »

Noémie : « Jusqu’à quel âge est-on jeune ? » Elle rigole

Mickael : « Je pense qu’on peut être jeune toute sa vie. »

Jean : « Et comment vous sentez vous, en tant que jeune, dans la société ? »

Mickael : « J’ai l’impression qu’on est tous dans des bulles. Je suis dans mon entreprise, je reste dans le même milieu avec les mêmes personnes, avec mes amis. J’ai l’impression d’avoir une vision un peu limitée, alors même que j’essaye de m’ouvrir. Ma plus belle expérience, ça a été Erasmus, programme européen grâce auquel j’ai rencontré des jeunes des quatre coins du monde. J’ai l’impression d’être une partie de la société, mais pas de l’embrasser dans son ensemble, de n’être que dans un segment, dans une bulle. Je ne me reconnais pas dans toute la société. Ce que je souhaiterais, et je vis dans cette vision de la société qui n’est pas l’ensemble de la société, c’est une société qui serait basée sur la diffusion de la culture, sur la diffusion des idées, l’acceptation des autres : j’aimerai bien faire partie d’une société multi culturelle qui fasse avancer les idées, et non pas stigmatiser une population pour des stratégies électorales. »

Jean-Yves : « Je raisonnais de la même façon en mai 68 : il y a une chose qui m’interpelle dans ce que tu as dit, c’est Erasmus. C’est quelque chose qui unifie l’Europe et qui ouvre l’esprit de la jeunesse. »

Guillaume, prof de lettre et histoire à Lorient en lycée Professionnel : « Les jeunes que j’ai en face de moi n’ont pas le même discours. Et cela m’inquiète. Ils me parlaient des journalistes de guerre et ils ne comprenaient pas pourquoi ils allaient là-bas. Ils s’en foutent des gens là-bas... J’ai directement du recadrer ma classe car cela a dérivé vers une discussion sur l’immigration, avec des propos très racistes. Ils me disent "de toute façon, d’un bord ou de l’autre, il faut quelque chose de radical." Cela fait 5 ans que j’enseigne, et je sens que cela change beaucoup. Et cela m’inquiète. »

Ancien sénateur : « Quand j’ai vu les taux d’abstention croître aux élections, je me suis intéressé non pas aux taux, mais aux gens qui ne votaient pas : beaucoup de jeunes, d’intérimaires. C’est-à-dire beaucoup de personnes qui vivaient dans l’incertitude. J’ai parlé avec eux. Il faut que la politique change. Il faut que la politique ne dise plus « voilà ce qui est bon pour vous », mais écoutez nous. »

« Plus tu montes en responsabilité, plus tu dois donner du sens. Et il y a une vraie demande des gens. Il l’exprime à travers ce qu’ils demandent. Avec eux, tranquillement, remontez leurs propos et ne pas leur imposer un système. Je ne suis pas un fanatique de la concertation permanente à la Royal car quelqu'un qui doit dire les choses doit avoir la responsabilité. En 68 on avait de quoi s’accrocher, des idéaux, des idéologies, et du boulot. Moi également, je vois beaucoup de désespérance. »

Stéphane : « Et les politiques ont leur part de responsabilité. Quels sont les plans mis en place par les politiques pour contrer ce mal là ? Aucun. Je sais déjà ce que les politique vont nous dire à la télévision. Je n’ai pas besoin d’écouter, je sais déjà ce qu’ils vont dire ».

Yves : « La grande question, je crois que c’est de savoir qui est au service de l’autre. »

Jean-Yves : « il y a un certain nombre d’années, le politique se servait du journaliste pour se faire briller.je pense qu’aujourd’hui, les rôles ont été inversés avec l’amplitude médiatique et le pouvoir des chaînes en continu qui augmente. Et je ne sais pas du tout comment inverser la tendance. Pour retomber sur les jeunes, que font-ils ? Ils tweetent, ils sont sur facebook, sur le net, et ne s’intéressent plus aux problèmes de bases, concrets, de la vie en société.»

En guise de conclusion, Jean dresse le constat de sa Marche et évoque les rencontres faites tout au long des kilomètres déjà parcourus.

Tag(s) : #réunions