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réunion citoyenne à Quimper

A l’entrée de la réunion citoyenne, qui se tient à 20 heures, Jean propose à Stéphane, rencontré sur l'étape, de jouer de nouveau ce chant pyrénéen devant l’assemblée comptant une cinquantaine de personnes.

Jean pose le principe de la réunion, explique sa démarche et encourage les personnes présentes à donner leurs sentiments sur l’actualité internationale, nationale, et même régionale. Il expose sa difficulté à partir de chez lui, mais exprime son plaisir d’être parmi les citoyens de Quimper. Il lance le débat et le laisse évoluer :

Stéphane « Il y a un mot que j’ai entendu « souverain », je ne suis pas comptable. Est-ce que moi industriel je peux décider des heures … est ce que le peuple est souverain aujourd’hui ? »

Isabelle, conseillère municipale à Quimper « On a un problème dans cette république, c’est qu’elle n’est pas décentralisée. On empêche aux communes, aux régions, d’avoir les capacités financières, administratives pour mener leurs actions, et régler les problématiques qui nous concernent avec moins d’argent public »

Alain « On a créé les communautés de communes, est ce qu’il n’y a pas trop d’échelle ? Ne faut-il pas supprimer des communes, ou des communautés de communes ? Il y a un sondage qui dit d’ailleurs que les Français pensent qu’il y a trop d’élus. Qu’est ce que vous en pensez ? Par ailleurs, bravo pour votre belle démarche »

Beatrice « Bravo pour votre démarche, pour votre intégrité. Même si je vous rejoins pas sur toutes vos opinions. Si je suis là c’est parce qu’un sujet m’inquiète : la mondialisation. Comment a-t-on pu laisser un pays et une Europe aussi ouverte ? Comment cela se fait-il que les différences de coût de mains d’œuvre soient aussi grandes ? Et je rejoins les bonnets rouges sur ces trucs là. Mais que peux-t-on faire pour avoir plus de reconnaissance pour notre pays. Je pense que nos frontières doivent être économiquement protégées. Et je pense que cela va être une trainée de poudre dans le pays »

Claude, paysan dans les environs de Quimper, « Pour illustrer ce que la dame vient de dire, j’ai des investissements à faire. Les seuls qui sont dans le coin pour bosser, ce sont des Lettons, Bulgares, Albanais, pas un camion français, 12 polonais en permanence, quasi pas un seul français à travailler. Il y en avait pour près d’un million d’euros, et on se demande où est parti tout cet argent. Nos enfants auraient pu en profiter. Autre sujet, c’est les contraintes administratives. Sur une semaine, j’y passe 1 journée et demie. Alors je rejoins les bonnets rouges, on se demande où sont passés les élus, le gouvernement ne fait qu’envenimer les choses, et en plus ils s’arrêtent à Rennes. Conserverie qu’on me demande d’arrêter de faire contre des subventions alors qu’y a des conserveries dans le coin qui sont en difficultés."

Un chef d’entreprise, qui s’exprime les larmes aux yeux : « Je suis dans la même situation. J’ai demandé un échelonnement sur l’année, mais elle me dit que s’est impossible, à partir de l’année prochaine seulement. Pour ma retraite, on est en train de s’effondrer. Je suis obligé. 33 000 euros par ans de chiffres d’affaires, j’étais salarié je vivais bien, aujourd’hui j’ai voulu me mettre à mon compte, et j’y arrive plus. On n’y comprend plus rien ».

André, habitant près de Pontivy « Je suis porte-parole des horticulteurs et pépiniéristes de Bretagne. Bravo pour la démarche. Le problème c’est que les Français et les Bretons n’ont plus confiance dans les politiques. Ce soir je suis à l’aise, mais je me demande si nos revendications vont trouver un écho. Nous avons une doléance importante, et là depuis 10 mois, nous envoyons à nos élus des messages de détresse. La situation est vraiment dramatique. J’ai des collègues qui n’arrivent pas à mettre du chauffage dans leur maison. Et quand on nous dit gentiment que ce sont les clients qui vont la payer, c’est faux. C’est nous qui allons l’absorber. Notre chiffre d’affaire baisse de 8% en moyenne, mais pour certains c’est 30%. Actuellement la taxe est passée de 5 à 7,5 % et cela suffit à nous mettre dans la difficulté, alors quand ils vont passer à 10%, cela va être énorme. Je vous le dit, j’aime viscéralement mon métier, et je ne me vois pas faire autre chose. Je l’aime et je vous parle avec mon cœur, je n’ai pas préparé de discours. J’aime viscéralement mon métier, et je voulais vous exposer mes doléances »

Rolland, chef d’entreprise « je voudrais reprendre les 3 points que vous avez abordés, vous avez vu des gens qui ont des petites entreprises quand elles disparaissent elles ne font pas de bruit. Les chiffres d’affaire baissent, elles ont besoin de 30 à 40 % de marges pour survivre. Mais elles sont asphyxiées par l’Etat et les banques. L’Etat ne prête plus ! Les fournisseurs ne peuvent plus être payés et donc se retrouvent dans des difficultés. Les taxes ce sont les vaches à lait de l’Etat. Or on a beau parler au Maire, on nous écoute mais pas de réponse. Le service public est dans une situation de dégradation continue. Les prisons on parle de les privatiser. On touche là aux cinq grands moyens de l’Etat : la justice, la sécurité etc. Il y avait quatre bases avec le CNR, les principales disparaissent, on est plus souverain du tout. Il y a un grand ras le bol du peuple pas seulement des ouvriers et salariés mais aussi des retraités, des chefs d’entreprise, des jeunes. Qu’est-ce qu’on nous dit ? Ben partez à l’étranger ! ». Il évoque ensuite la mondialisation en évoquant rapidement un exemple « Et les roses ? Elles viennent de l’étranger ? », regrettant qu’on ne puisse pas répondre à la demande en France.

Une personne intervient « Parce que ça coûte trop cher. Vous avez toute notre reconnaissance pour votre démarche ». Puis il ajoute « Regardez ces légumes jetés par terre et à côté il y a les restos du cœur ! ». Les premiers besoins de base : se vêtir, se nourrir, se couvrir ça part en déliquescence ».

Un « bonnet rouge » s’exprime ensuite. Il prend la parole d’une manière très respectueuse et solennelle pour expliquer la situation « On parle de l’écotaxe, c’est la goutte d’eau ! ». Il travaille dans les transports de produits agroalimentaires « ça se casse la gueule, la taxe se répercute sur nos clients. Je suis dans le mouvement depuis sa création « Vivre, travailler et décider. Ah les Bretons, ils cassent tout ! 10 casseurs … mais 30 000 personnes pas une fleur arrachée, ça on n’en parle pas … On veut diviser. On l’a tous entendus ». « La République a aussi des devoirs et des droits, on veut bien respecter les droits français mais on veut bien que la République nous respecte aussi. Le jour où on aura réussi à ça et bien on avancera ». « A Marseille ils donnent trois milliards c’est électoraliste, en Bretagne 13 millions d’euros. Nous on veut pas de l’argent on veut pouvoir travailler. Mr le Foll est venu annoncer 300 reconversions, reclassements c’est du vent, ça n’existe pas ! ». Puis il termine son discours par une grande crainte « La montée de l’extrémisme me fait peur je suis un démocrate ». A la fin de son discours, il est applaudi par la salle et vient remettre très respectueusement un bonnet rouge à Jean Lassalle qui le remercie pour ses explications.

réunion citoyenne à Quimper

Claudine « Je vous ai félicité personnellement, il y a un mot que je n’ai pas entendu « chômage » notamment des jeunes et surtout les diplômés, la « fuite des cerveaux » qui quittent le pays. J’ai une belle-fille espagnole pour avoir accès à la Fac, il faut passer une sélection. Ici on accepte tout le monde, après ils n’ont pas de travail et s’expatrient. Ils quittent leur famille, leur territoire pour pouvoir manger. Le coût d’un étudiant en France, on le connaît, et après ils quittent le pays, ils ne donnent pas leur savoir au pays qui les a formés ».

Jean Lassalle répond aux questions soulevées par les participants puis ils les invitent à partager un repas au restaurant

réunion citoyenne à Quimper
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