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Réunion citoyenne de Nantes, 2 novembre

Réunion publique au bar-brasserie Le F, Place Saint Pierre, Nantes :

Remerciements de Xavier Bruckert, président Modem 44, qui explique par le même temps le déroulement de la réunion. Jean prend la parole et demande le sentiment des personnes présentes. La réunion se fait en musique, un blues man entame une soirée toute en chanson.

Gabriel Halligon, maire de la commune de Saint Melaine sur Aubance, proche d’Angers : « C’est en tant qu’élu que je viens. Il y a sur ma commune 2 100 habitants, je suis maire d’une petite bourgade. Je me demande ce que les élus peuvent encore faire. Avec quel degré de pertinence peut se prononcer un élu sur le SRCAE ? Est-ce que quelqu’un connait ce terme ? Schéma régional climat air énergie ? Nous aurons, nous les élus, à nous prononcer là-dessus. Comment nos élus et au final les concitoyens peuvent s’y retrouver ? Pareil avec le Schéma d’aménagement numérique. On nous dit qu’il faut apporter la numérisation to Home, c’est génial, je dis « oui », mais le problème c’est que personne n’a les sous. La région refuse, les EPCI vont dire que cela n’est pas de son ressort, et au final ce sont les communes qui paieront : voilà comment imposer la fibre optique en 2020. Alors la moralité, où est-elle ? Comment va-t-on pouvoir organiser ça ? Il y a une incompréhension complète. En plus, on n’écoute pas assez la base. Le PLU sera bientôt intercommunal. Il sera voté en communauté de communes et sera imposé aux communes. Demain matin, à quoi servirons-nous, élus communaux ? Voilà ma contribution au débat ».

Chantal, a travaillé dans le commerce : « comme tout le monde le pense, je dis : c’est du grand n’importe quoi. L’argent, la base n’en a plus, les taxes sont de plus en plus dures, et on en donne à ceux qui arrivent. Si vous ne voulez pas voir Marine passer, il va falloir changer radicalement. C’est très difficile dans le commerce, il n’y a pas de création, beaucoup d’enseignes qui périclitent, alors je me demande juste comment feront nos enfants ? J’espère que nous descendrons suffisamment bas pour qu’on soit des ressorts pour pouvoir s’en sortir et enfin, rebondir ».

Agnès : « Dans le cadre de mon activité bénévole sur Angers, j’ai deux problèmes dont je voudrai ici souligner l’importance. Tout d’abord, dans le cadre d'une association d'insertion par l'hébergement avec un service de restauration sociale, on se heurte à un problème d’immigration très important. Angers a du mal à faire face. De plus, les migrants sont agressifs vis à vis des sdf et deviennent violents.

Par ailleurs dans le cadre de mon engagement au Conseil d'Administration de la Boutique de Gestion je suis très soucieuse de ce qui n'est pas fait vis à vis des petits entrepreneurs (TPE = très petites entreprises, parfois seul le créateur travaille dans la structure). Il faut savoir que les emplois créés de cette façon ne sont pas dé-localisables. On doit prendre en compte tous ces créateurs et ne pas les assimiler aux PME ou très grosses entreprises… tout faire pour simplifier le côté administratif et alléger les charges ».

Gilbert, ancien de l’agroalimentaire, réagit : « L’endettement de la France, je trouve ça effrayant, je ne vois pas trop comment on va résoudre ça, à part faire des efforts ; Et il y a de multiples efforts à fournir, notamment dans la multitude d’administration. J’aimerai aussi que les politiques aient un peu plus d’humilité. Les politiques n’ont que le mot justice à la bouche, et je le vis comme une agression, car c’est un mot aujourd’hui vide de sens ».

Une jeune femme : « Je suis surprise de votre démarche, qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce que vous avez entrepris ? »

Conseillère municipale d’opposition dans une commune périphérique de Nantes, Saint Herblain : « c’est très difficile pour nous de recevoir des informations de la majorité PS : par exemple, nous devions avoir la création d’un EPHAD de 80 personnes. En phase finale, on apprend que l’ARS ne va pas nous financer. Nous ne savons absolument pas si nous pouvons finir notre projet. Nous n’avons pas de communication avec les différentes agences de l’Etat, avec la communauté de communes ou même la majorité à la commune. Pourtant, à l’unanimité du conseil municipal, nous avons voté contre le déménagement d’un hôpital sur l’ile de Nantes. Notre vote a été contourné par la communauté de communes de Nantes. Nous ne savons pas à l’heure actuelle quelle infrastructure de santé il y aura donc nous sommes en attente ».

Un homme, retraité dans les assurances, bénévole dans une association sur Nantes : « le CHU de Nantes est réparti sur une 20aine d’établissements, et ils souhaitent le regrouper. »

Jean : « pour revenir sur les sujets nationaux, que faudrait-il faire d’après vous, revoir ? Qui est responsable ? »

Un homme, retraité dans les assurances : « professionnalisation du milieu politique. Il faut déjà faire appliquer les lois déjà votées ».

La maire : « juste une chose à propos des énarques et politiques : je suis d’accord avec toi sur la possible nécessité de faire du non cumul du mandat. Mais je pointe du doigt un problème : c’est le problème du pilote qui ne contrôle plus sa machine. Cela pose la question suivante : Comment peux-t-on faire pour avoir de nouveau confiance dans le politique ? Ils pensent à leur petite guerre des chefs, et c’est toujours le voisin qui a fait cette erreur ».

Xavier Bruckert: « ce ne sont pas forcément des lois faites par des techniciens et technocrates, mais elles sont faites par des communicants qui sont encore bien plus dangereux. Ils ne pensent qu’en terme de visibilité sur l’instant, et non aux conséquences sur le long terme. Alcatel Lucent qui emploie 500 personnes, mais tout le monde sait qu’à part les erreurs de pilotage, le gros problème c’est la concurrence chinoise. Mais l’Europe est muette et ne protège pas ces entreprises ! »

Laure (Maine et Loire) : « Ayant travaillé dans un commerce coopératif et dans une mairie, j’y ai vu l’importance des bénévoles, qui pour la plupart, restent dans l’ombre et qu’il faudrait pourtant valoriser. Mais l’entente marche mal avec certains qui prennent le pouvoir, et beaucoup de tensions montent ainsi qu’entre salariés. La crise pousse dans ce sens, avec la peur de la perte de l’emploi, cela devient un enfer. Je me lance comme beaucoup après des expériences difficiles, dans la création d’entreprise, ce dans l’aide à la communication et à la mise en valeur des personnes, des entreprises locales et des associations-bénévoles. Parce qu’aujourd’hui je m’en rends bien compte, dans tous les domaines, à petite échelle, comme en politique, le plus gros problème, c’est la communication. Elle est très mauvaise, néfaste à certains endroits et en manque important au niveau local. Il faut absolument y remédier ».

Jean : « merci de la force que vous mettez à l’exercice, c’est presque inhumain. C’est précisément parce que j’entends les questions que vous formulez ce soir, que j’ai entrepris cette marche. J’ai considéré que je ne pouvais plus fermer les yeux, et j’ai eu envie de rencontrer les français en marchant, c’est-à-dire de la manière la plus simple. J’ai occupé la plus part des mandats locaux, j’ai été député, j’ai pu créer mon entreprise d’ingénieur conseil, avec 10 personnes salariées. Je me suis rendu compte que depuis un quart de siècle, et je ne suis pas le seul, que nous sommes rentrés dans une crise. Avec la mondialisation, cela aurait dû être vu comme un élément heureux, car souhaité par beaucoup d’intellectuel depuis longtemps. Or cela n’apparait plus comme cela.

À chaque fois que notre pays c’est trouvé dans une situation équivalente à celle-ci, il n’a pas su trouver les solutions adaptées, et cela c’est terminé par une tragédie dans laquelle celles et ceux qui étaient les moins protégés ont souffert. Je crois que même si nous n’y sommes pas encore, il est minuit moins 5. Je pense qu’il existe des solutions que nous n’avons pas encore essayé, et j’ai entrepris cette marche pour ouvrir le débat. La crise avant d’être crise, je crois que c’est un basculement de monde très important que nous vivons sans pouvoir apporter de solution. Moi je fais remonter cela à la chute du mur de Berlin, qui pour les plus vieux d’entre nous, était un moment très heureux. Voir revenir tous ses peuples ensemble et ce vieux rêve, réconcilier ces peuples frères ».

Laure, merci à elle pour les photos et l'aide apportée pour le compte rendu!

Laure, merci à elle pour les photos et l'aide apportée pour le compte rendu!

Réunion citoyenne de Nantes, 2 novembre
Réunion citoyenne de Nantes, 2 novembre
Réunion citoyenne de Nantes, 2 novembre
Xavier Bruckert

Xavier Bruckert

Tag(s) : #réunions