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Lundi 30 Septembre : Marseille - Aubagne

Après une courte interruption qui m’a permis d’enregistrer l’émission La Voix est Libre et d’échanger avec Axel Kahn, autre marcheur sur les chemins de France, j’ai repris la route lundi, là où je m’étais arrêté, pour une nouvelle étape entre Marseille et Aubagne.

Je souhaite partager avec vous quelques moments vécus lors de cette étape en vous rapportant une partie des échanges avec les personnes rencontrées. Paul Antoine m'accompagne et vous en a rédigé un compte rendu.

Lundi 30 septembre 2013 :

Marseille, début d'après midi : départ de l’arrêt de bus ligne 15, Saint Loup Pagnol.

Directement, nous rencontrons huit jeunes et une jeune femme de 30 ans. Les jeunes ne reconnaissent pas Jean, jusqu’à ce que la jeune femme leur parle de lui. Ces jeunes sont au lycée René Caillé. Un court échange sur la difficulté de s’intégrer, notamment lorsqu’ils sont issus du quartier. Un des jeunes nous confie être originaire de Mayotte, fraîchement débarqué à Marseille. Jean lui demande s’il ressent le mal du pays : « Pas du tout, je suis très content d’être en France ».

Le chemin reprend, en compagnie de Christophe Madrolle. Il fait office de guide et nous raconte sa jeunesse dans les environs. Parisien débarqué à Marseille à 20 ans, il a été garde forestier sur les crêtes que nous longeons. Nous nous engageons dans la vallée ouvrière de l’Huveaune. Christophe nous raconte la désindustrialisation de la vallée, et de la région, très ouvrière et accueillant beaucoup d’immigrés d’origine italienne, très bien intégrés. Nombre d’usines en cours de démolition, de restaurants ouvriers le long des routes, quasiment tous fermés. La région est sinistrée : « Il n’y pas plus grand-chose à Marseille, les zones industrielles et commerciales ne sont pas ou plus sur Marseille. Il n’en reste qu’une. C’est ridicule quand on considère la grandeur de Marseille. Et les pouvoirs publics ne donnent vraiment pas assez d’argent, » nous dit Christophe. Il poursuit, nous présentant l’histoire de la région : « En face, il y a le Garlaban. C’est le pays de Pagnol ici. Manon des Sources, c’est là-haut ! ». Après tout, l'incipit de La Gloire de Mon Père raconte : « Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers ». Christophe nous présente une région en mutation :
" Pagnol écrivait alors qu’il passait d’un bout à l’autre de la vallée sans voir les crêtes. Et oui, ici, partout, c’était de la forêt. On remarque et devine l’urbanisation et ses phases multiples. Or aujourd’hui, ça désindustrialise, c’est mort, et ça reprend difficilement. »

Nous croisons rapidement Alain et Serge, retraité de boulangerie et chômeur de longue durée dans le social. Serge, ancien salarié dans une association d’aide.

Nous visitons ensuite une entreprise, « Epices Rabelais », tenue par Gilles Talrich. Avenue de la Rasclave. Entrepôt avec plus de 500 matières premières (poivres, thés, herbes …), dont les locaux sont en phase de modernisation. L'entreprise est reprise par Gilles en 2007 et compte 25 salariés. « L’idée, c’est de reconnecter les gens aux sols. C’est difficile, car les matières premières sont un marché très spéculatif. Ceux qui se servent ce sont les intermédiaires. Le producteur et le consommateur se font avoir. Il faut élever les consciences pour reconnecter producteur et consommateur. » Gilles nous fait visiter et nous présente les machines et les produits qu’il propose, notamment des thés « nature et découverte ». Gilles nous dit : « L’agriculteur, c’est le médecin de demain ». Il nous parle des paysans de l’île de Sao Tome : « Ils ont une vraie vie, parfois je me demande pourquoi je leur demande de travailler, alors que c’est un endroit magnifique. Au fond, pourquoi s’emmerder… ». S'en suit une courte discussion avec quelques employés, notamment avec Caroline qui va quitter l’entreprise pour entrer dans une société immobilière : « J’ai eu une occasion, mais ce n’est pas inné de trouver sa voie, ni de savoir prendre une opportunité. » Elle ajoute, à propos de la télévision : « Les infos, je ne les écoute plus. On nous manipule. C’est toxique, ça nous fout le stress au ventre ! Ça exacerbe d’ailleurs la méfiance réciproque. C’est palpable sur la région de Marseille ».

Florian, président des jeunes du MoDem des Bouches du Rhône nous accompagne et prend le relais de Christophe jusqu’à notre arrivée à Aubagne, à 19h, où nous ferons une petite halte à l'hôtel Souléia.

avec les jeunes des quartiers nord de Marseille

avec les jeunes des quartiers nord de Marseille

réunion citoyenne à Aubagne
réunion citoyenne à Aubagne
réunion citoyenne à Aubagne

réunion citoyenne à Aubagne

Gilles Tarich, Caroline et Florian

Gilles Tarich, Caroline et Florian