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Jeudi 3 Octobre : Sanary-sur-Mer - La Seyne-sur-Mer

Compte rendu de l'étape par Paul Antoine :

A 9h30, nous nous rendons avec Jean dans un bar du centre-ville de Sanary, dénommé « Le National » pour y prendre le petit déjeuner. Après le café, le gérant, Paul-Emile (35 ans environ) vient discuter avec Jean : « — Alors, elle va durer combien de temps votre marche sur les routes de France ?

Ma foi, je n’en sais trop rien, il faut le temps de réveiller les consciences…

— Ouh la la ! Avant de réveiller un Français, vous avez le temps. On encaisse pour l’instant…

— Et vous, comment voyez-vous l’avenir ?

— En tant que patron ou en tant qu’humain ? En tant qu’humain : mal. En tant que patron, je ne m’en fais pas. Le problème c’est que depuis 60 ans, les gestionnaires dans le monde politique ou dans l’administration sortent tous de la même école. Mais vous le savez, les Français savent encaisser les coups. Ici, c’est le bar Le National. Nous, sur cette commune, on a de la chance encore. C’est une petite oasis, mais ce n’est pas partout pareil. »

Jean le remercie, salue Luccio et un autre habitué qui sont là, leur dédicace sa feuille de route, puis nous rentrons nous reposer et travailler un peu avant de reprendre la marche. Sur le chemin nous croisons deux personnes d’environ 40 ans, qui sont d’origine italienne. Ils saluent la démarche de Jean, puis nous disent : « Vous savez, en Italie, je pense qu’on est moins atteint. Les structures résistent mieux. En France, là, tout s’effondre, les gens ne consomment plus. En Italie, les gens continuent d’acheter, la machine économique ne se bloque pas. » Jean les remercie, les invite à témoigner sur son site, puis nous rentrons dans le studio mis à la disposition par Monsieur le Maire.

Après une séance de travail, nous reprenons véritablement la marche : il est 14h30.

Dès le départ du centre-ville, à côté du théâtre et de la Mairie, nous nous engageons sur le front de mer, en direction de Six-Fours. Nous croisons plusieurs personnes qui regardent Jean et se retournent, dont une femme de 50 ans qui à son passage crie « Bravo, continuez ! ». Jean continue.

Un couple de retraités, Claude et Monique, nous abordent quelques minutes plus tard, toujours sur le front de mer. Jean demande à Claude si ce n’était pas trop dur à France-Telecom, où il travaillait. Claude lui répond : « Je pense pouvoir dire que je suis parti au bon moment. Depuis, je sais, j’ai des copains qui sont toujours là-bas. C’est devenu dur. Les dirigeants, c’est plus la même chose. C’est que du chiffre, c’est plus le salarié et l’homme quoi ! » . Jean les remercie, leur dédicace sa déclaration et poursuit son chemin.

Nous prenons la direction de La Seyne-sur-mer, croisant des gars travaillant sur un chantier de réfection de la chaussée. Nous ne les dérangeons pas plus, car ils doivent assurer la circulation des véhicules à l’aide de pancartes pour ceux qui travaillent. Micheline et un ami nous interpellent en béarnais quelques minute avant de repartir de leur côté.

Sur les hauts de La Seyne, Anthony et André, présents la veille, nous rejoignent pour entrer dans la zone commerciale de la commune. Quelques centaines de mètres plus tard, vers 16h30, nous arrivons devant le centre Leclerc et le Auchan qui sont chacun d’un côté de la route. Jean choisit la proximité de la station-service de Leclerc pour se changer. Plusieurs personnes nous rejoignent, dont Nathalie, élue à La Seyne-sur-Mer, M. Toussaint, élu également, ainsi qu’une équipe de « Var Matin », le journal local. Ils observent Jean se changer, la logistique se mettre en place, nous questionnent, puis écoutent Jean, toujours à cette même station-service, qui parle avec Saïd, parisien né en 1958. Originaire des Comores, en vacances dans la région depuis une semaine, il est un ancien pigiste et est aujourd’hui agent de sécurité : il salue Jean, son geste et son parcours. Jean le questionne sur sa vision du pays : « C’est les répercussions de la situation internationale. De toute façon, j’ai l’impression que les politiques n’ont plus le pouvoir. Moi, je ne crache pas sur les politiques, on en a besoin. Mais le pouvoir a changé de main, il est aux financiers. D’ailleurs, pendant que je vous tiens, je ne comprends pas bien la ligne politique de François Bayrou.

Vous savez, elle se fixe, elle hésite parfois, mais ma démarche est avant tout non partisane. Je suis au Modem, mais je ne fais pas cela pour le Modem. Ici, face à vous et aux gens que je rencontre, je ne le représente pas. Vous savez, je suis député de la Nation toute entière, pas d’un parti, ni d’une circonscription. »

Mais quel est le sens de votre démarche ?

— Avant tout, je marche à la rencontre des gens, au hasard, et puis j’écoute surtout. »

Nous nous saluons, puis Jean, décidé à avancer un peu, lance la petite troupe vers la route en direction de Toulon, pour rallonger l’étape qui, pour lui, lui semble trop courte. « Nous avons quand même le temps, ça ne nous sert à rien d’arriver avec deux heures d’avance à la mairie. Et puis comme ça, je vais faire l’interview avec ces deux journalistes en marchant ! » Le ton est donné, et nous marchons, discutons et écoutons.

L’interview dure une vingtaine de minutes, puis Isabelle nous signale que, sur la route de Toulon, nous nous éloignons trop de la mairie de La Seyne. Nous nous engageons donc à 17h45 en direction du centre-ville, quittant par la même occasion Nathalie, André, et les deux journalistes. Jean, Anthony et moi-même marchons à bonne allure, longeant les anciens ateliers du chantier naval, devenu la CNIM, site industriel reconverti en site de construction de véhicules militaires. Selon Anthony, les entreprises vivent des contrats passés avec le ministère de la Défense. Nous progressons rapidement dans la ville, sur des trottoirs défoncés, avec les bouchons du soir qui se forment autour de nous. Nous arrivons à l’hôtel à 18h.

En soirée, une réunion citoyenne a pu être organisée grâce au maire de la Seyne sur Mer, M Vuillemot, qui nous a ouvert la salle du conseil municipal. Il a d'ailleurs publié un article sur notre rencontre que nous vous invitons à consulter.

crédit photos Nice Matin
crédit photos Nice Matin

crédit photos Nice Matin

Tag(s) : #comptes rendus