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Réunion citoyenne du 30/09 à Aubagne

Réunion publique à Aubagne 20h15 : Hotel Souléia, 4 cours Voltaire.

La réunion commence par l’habituelle présentation de la Marche par Jean, qui finit par demander à l’assemblée : « Quel est votre sentiment par rapport au pays, à son avenir, et surtout à l’avenir de sa population et de nos jeunes ? Parlez librement, s’il vous plait Mesdames et Messieurs, parlez avec vos mots et vos sentiments ».

Le premier à intervenir est Patrice, jeune retraité de l’agroalimentaire : « La peur du chômage est récurrente, mais il existe également des faits : en 2008, la pression fiscale était d’environ 30% ; aujourd’hui, en 2013, elle est de plus de 45%. Comment subvenir à ses besoins avec des charges pareilles ? » Question que se pose également Marie-Solange, retraitée d’un magasin d’antiquités.

Jean-Jacques, retraité de 70 ans, était le patron d’une PME du bâtiment qui embauchait dix compagnons, l'entreprise n’a pas pu trouver de successeur. Il nous dit : « Ce qui m’insupporte, ce sont les promesses des uns et des autres, mais qui ne veulent pas lâcher leurs prérogatives. Je suis très en colère contre cet état de fait. »

Claude, retraité de la fonction publique territoriale, à La Ciotat (33 000 habitants) prend la parole : « Ce qui me gêne, c’est la répartition d’effort sur les impôts entre les populations. Les gens qui ont beaucoup d’argent, on ne leur demande pas une assez grande somme d’argent. Ce qui est une énorme somme pour moi, c’est peanuts pour eux. Les inégalités de revenus et de taxation me foutent la nausée. »

Jean Claude, retraité de la Marine Nationale, s’exprime à son tour : « Certes, on peut dresser un constat désastreux de ce qui se passe actuellement dans le pays. Mais la situation, c’est essentiellement de la faute des élus, qui ont travaillé pour leur bien-être et pour l’essor de leur parti, et non pour ceux de la France et de la population. »

Puis Béatrice de Crozet, vice-présidente de l’association des Racines et des Hommes intervient : « On parle très peu d’écologie, or cela peut dans une certaine mesure contribuer au bien-être des populations. On nous empêche de pêcher, d’aller nous promener : les parcs nationaux mettent des barrières. Or ces activités constituaient des loisirs gratuits. Les jeunes de 14 ans qui allaient pêcher avec leurs grands-pères sur les digues, que vont-ils faire ? Aujourd'hui on a trop souvent une écologie qui est punitive. [/] Ce à quoi Jean Claude répond : « Je ne suis pas d’accord, ce sont les incivilités qui obligent les politiques à mettre en œuvre des protections. »

Jean-Pierre Michel, sapeur pompiers, intervient lui aussi : « Il y a une démotivation des Français sur le thème de la politique. Les jeunes n’ont plus l’intérêt d’intégrer les partis politiques. Ancien de l’UMP, aujourd’hui non encarté. Il y a un problème avec le millefeuille des institutions. Il y a de grandes économies à faire, c’est là où il faut prendre l’argent. »

Florian, 25 ans, jeune responsable des Jeunes démocrates de Marseille et chargé de TD à l’université de Droit : « La crise n’est pas seulement économique, elle est républicaine. Nous avons perdu l’envie de vivre ensemble. La première question selon Habermas : comment vivre ensemble ? Le racisme monte, dans un sens comme dans l’autre, racisme global, des deux côtés. Je suis marié à une marocaine depuis cet été. On ne pense plus à cette question du vivre ensemble, question primordiale, prioritaire avant les autres. Nous sommes dans une société de la diversité, il nous faut l’accepter. J’ai peur pour ma société. On a tous les mêmes constats au niveau européen : les gens ne veulent plus vivre ensemble, nous n’avons plus de but général, clair, et qui nous unifie. »

Le prochain intervenant est Richard, ancien des travaux publics routiers, qui a dirigé sa propre société de quarante salariés pendant 30 ans, mais qui a coulé à cause de repreneurs pas fiables : « D’un côté, il y a la France d’en haut, de l’autre, la France d’en bas. Entre les deux, il y a les politiques qui ne pensent qu’à eux. La France se désindustrialise, nous ne pourrons bientôt plus produire. Je suis très inquiet. »

Jean Pierre, retraité ayant chef d’une entreprise dans l’électricité qui a été reprise par un de ses employés : « Il existe une France à deux vitesses, l’économie est restreinte, la population d’immigration est désœuvrée, or les politiques essayent de niveler les populations. Cela ne peut pas marcher sans travail. L’assistanat n’a jamais marché. »

Jacques, dirigeant de plusieurs sociétés, dont La Fleur à Marseille prend à son tour la parole : « Je suis un peu perdu, on parle des grands problèmes de société. Mais l’un des problèmes principaux n’est pas évoqué. Avec le millefeuille, le problème c’est qu’il y a trop de politiques en France. Les projets ne se concrétisent pas, car de droite ou de gauche, ils se contredisent. C’est cela qui coute beaucoup d’argent. »

Suite à ces nombreuses interventions, Jean apporte une réponse globale qui conclura cette réunion citoyenne :

« Ce que vous me dites, Mesdames et Messieurs, c’est près de 9 français sur 10 qui me le disent au quotidien, et encore, je ne sais pas où est passé le dixième. Je suis député de la Nation, et pas juste de ma circonscription. Or nous avons oublié cet aspect de la députation. C’est pour cela que j’ai engagé cet acte de résistance. La république m’a tout donné. Or avec cette République qui m’a beaucoup offert, je ne sais pas si mes enfants, eux, auront de meilleures perspectives. Mon père m’avait dit en référence à l’appel du 18 juin : la flamme de l’espoir n’est pas éteinte et ne s’éteindra jamais. L’homme par nature donnera un coup à l’autre plutôt que de l’aider : c’est la loi de la jungle. Or la civilisation prône des règles du jeu qui ne peuvent être transgressées. Il faut renouer les liens sociaux, retravaillons l’intelligence collective ! »

Tag(s) : #réunions