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Mes amis,

Ce week-end se tenait une marche mondiale contre l’entreprise Monsanto, à laquelle nombre d’entre vous m’ont convié. Je n’ai pu y participer, m’étant déjà engagé au préalable à me rendre à Guérande, où se tenait une université internationale consacrée à la gestion en bien commun. M’étant engagé à maintes reprises sur ce sujet, je tenais naturellement à leur apporter mon soutien.

La gestion de ce bien commun constitue à mes yeux l’un des grands défis de notre temps. Elle passe notamment par une révision de la politique agricole et par un changement des méthodes de travail des agriculteurs. Au cours des trente dernières années, l’agriculture est progressivement devenue une industrie où s’affrontent des intérêts économiques gigantesques, encadrés par une finance qui ne fait que peu de cas de l’intérêt des populations. Ce changement d’échelle favorise une agriculture toujours plus intensive qui, lorsqu’elle est pratiquée de manière déraisonnée, peut alors devenir contraire au bien commun.

Je déplore depuis de nombreuses années la crise dans laquelle s’enfonce lentement le monde agricole, dont l’absence de vision sur le long terme oblige nos hommes de la terre à avancer sans repère, sans boussole dans un monde devenu dangereux. Nous sommes en 2013, et la situation ne s'est pas améliorée. Le manque de perspectives qu'offre l'activité agricole conduit à un abandon de l'agriculture familiale, à une crise des vocations. Les nombreux agriculteurs que je rencontre partout en France dans le cadre de ma marche sont désespérés car ils ne trouvent personne pour reprendre leurs exploitations. L'agriculture trop industrialisée n'y est sans doute pas pour rien.

Face à l’enjeu que constitue pour l’avenir de nos sociétés les techniques de production alimentaire qui seront privilégiées, tant en terme de risques pour notre santé que de conséquences sur la biodiversité, la décision ne peut être guidée par les seuls intérêts économiques d’une multinationale, si puissante fût-elle, pas plus qu’elle ne doit reposer sur ses seules études scientifiques.

Les choix que nous faisons dans ce domaine impacteront de façon irrémédiable le visage de notre planète pour plusieurs décennies. Ils nous engagent individuellement autant que collectivement, pour aujourd’hui et pour demain. Aussi nous revient-il de les formuler ensemble.

Si nous en décidons, nous pourrions engager une politique de recherche rigoureuse, indépendante, transparente et participative. L'établissement et le contrôle de cette politique pourrait être, par exemple, assuré par un haut comité d'éthique scientifique, composé de chercheurs travaillant à l'abri des pressions partisanes et des lobbies et animé par la seule volonté de faire avancer la science et le progrès dans le respect de la terre et du genre humain. Nous pourrions également revoir les modèles d’attribution des subventions, la fiscalité de façon globale, et promouvoir toute action en faveur de circuits courts entre le producteur et le consommateur. Nous pourrions enfin repenser nos modes de consommations, pour éviter les gâchis de toutes parts, organiser une meilleure répartition des denrées et assurer la viabilité de nos productions alimentaires.

L’avenir de notre agriculture, peut être son renouveau, passe, j’en suis convaincu, par l’adoption d’un nouveau contrat avec la nation toute entière.

La marche contre Monsanto
Tag(s) : #Réflexions