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Réunion publique à l’hôtel Kiriad centre, 19h30, place de la Libération de Vannes, Vannes :

Jean est attendu avec un journaliste du Télégramme de Brest, qui écoute le début de la réunion.

Jean explique sa démarche, lit sa profession de foi, remercie les personnes présentes. M le maire de Vannes, David Robo ; M Le Nay, maire de Plouay

L'ancien président du Modem évoque d’entrée l’économie bretonne et notamment la taxe avec les liens sombres qui lient la société Ecomouv et le pouvoir actuel.

Jean-Yves : « Eco taxe c’est une chose, mais ce n’est qu’une allumette. D’ailleurs, Jean, je ne sais pas si tu le sais, mais il y a un portique qui brûle même chez toi »

Jean : « Je vais vous répondre tout de suite, car je vois là un tir groupé. Je tiens à vous dire que si je pouvais vous apporter toutes les solutions, soit je vous mentirais, soit Einstein se retournerait dans sa tombe. Je suis député de la Nation, j’essaye de ne pas parler à tort et à travers. Car nous sommes dans une période pour notre pays que je juge préoccupante. C’est une situation que je ressentais de plus en plus explosive et je ne voulais plus fermer les yeux. Je vous réponds maintenant : je ne suis pas étonné de ce qui se passe ici, dans les Landes où ailleurs. J’ai tellement été étonné de ce que j’avais entendu au début de ma marche que j’ai fait une note aux présidents de L'Assemblée Nationale et de la République pour faire l’état de ce que j’entendais. Il est vrai que je traversais à cette époque le Nord de la France. J’ai refait la même démarche au mois de septembre, puisque j’avais entendu la même chose tout l’été. Et comme je marche en continu, je peux me fonder une opinion des territoires et de la diversité des populations qui y vivent. » Il explique le rôle et sa vision du député, puis explique encore davantage "les peurs et craintes des français vis-à-vis de la perte de leurs maires, de voir leurs communes noyer dans les grandes intercommunalités, ou même dans les métropoles ». Il est interrompu par un monsieur :

Gilles, travaillait dans la finance : « permettez-moi de vous interrompre : le contrat qui lie la Région et Ecomouv fait 5 000 pages. Il est fait par des technocrates. »

Un autre : « Oui mais c’est toujours comme cela dans les contrats entre privé et public. »

Jean : « alors, si vous le permettez, laissez-moi finir et aller au bout de mes propos pour mieux vous répondre". Il évoque les changements de monde qui ont eu lieu en 1989 et depuis, avec la montée de la technocratie qui ne travaille plus pour le politique mais en roue libre.

Gilles : « on a voté il y a 18 mois, et je suis effaré de voir que l’on nous parle avec les médias en continu des présidentielles de 2017 et de 2022. En plus, les mots des politiques sont crus." Il prend l’exemple de Hervé Morin, critiquant Bayrou "il a cru pouvoir tout faire, il s’est pris une porte". "On parle de statistique, de courbes, d’échéances. Mais on parle du chômage et pas des chômeurs. C’est effarant. Et les médias en continu aggravent de manière conséquente le phénomène. »

Jean compare les résultats entre Axel Kahn et ses réponses au niveau de la détresse qui est diverse selon les territoires.

Jean : « pour répondre à votre question, Gilles. Je constate que c’est l’un des reproches majeur que je reçois à l’égard des politiques. Monsieur Pisany Ferry et son "excès d’optimisme". Est-ce que la GB ou le Japon disent qu’ils sont de petits pays qui ne joueront jamais de grand rôle ? Je crois que les démocrates ont tendance dans les périodes difficiles à baisser la garde. Et ce sont tout naturellement les extrêmes qui montent. C’est un danger qui nous menace et je crois que les démocraties en période de tempêtes ont du mal à se défendre. »

« Il y a de plus cette relation homme territoire, que je crois que nous sommes en train de perdre avec les réformes engagées. Moi je le vis douloureusement. Je pense qu’un des éléments, c’est revenir devant le peuple. Parce qu’aucune décision ne pourra bientôt être prise car il y a trop de défiance. Et oui, les débats de personne empoisonnent l’atmosphère déjà tendue. »

Odile Monnet, maire adjointe de Vannes : « mon ressenti sur le terrain : beaucoup de découragement. Par rapport à ce qui se passe en Bretagne ou ailleurs, il y a Doux et les autres, mais je crois qu’il ne faut pas oublier les petites PME qui mettent jour après jour la clé sous la porte. Il faut une simplification administrative, fiscale et une perspective. C’est urgent, avec une liberté laissée aux entrepreneurs. C’est un témoignage sur les entrepreneurs qui eux, résistent, parce qu’ils n’ont pas le choix, car si eux arrêtent, ils ne pourront pas être assistés. »

Jean : « je comprends très bien et je te remercie de ta contribution. D’ailleurs, je le sais car j’étais moi-même entrepreneur avec 7 salariés en ingénieur conseil."

Il montre à l’aide d’exemple recueillis sur le terrain depuis 6 mois cette difficulté des entrepreneurs : « beaucoup me disent qu’ils gagnaient bien leur vie il y a 10 ans et qu’aujourd’hui ils peinent à pouvoir être rentables et à embaucher. D’ailleurs, en lien avec ce souci, j’ai été étonné de voir le désamour des frontaliers avec l’Europe, même dans l’Est où il y a des cimetières tous les kilomètres. C’est l’histoire d’un des plus beau rêves qui a énormément déçu. Une femme me disait qu’elle espérait encore que ce rêve ne soit pas mort, mais qu’elle en doutait. »

Il explique également la pression de la technocratie européenne sur les entrepreneurs. Exemple de celui du sud de la France qui a reçu une subvention accordée par le préfet avant la fin des travaux, et qui doit la rembourser (1,2 millions). Discussion avec le directeur des affaires européennes de Bercy. Exemple de deux "Frances". Deux français, ceux d’aujourd’hui. "Vous voyez, cela n’est pas évident. Voyez Madame, je l’entends. Et si il y a un secteur, où j’entends qu’ils vont voter le plus au FN, c’est ceux-là, entrepreneurs ou salariés des petites PME, parce qu’ils ne comprennent pas. »

Retraitée, présidente d’une association d’insertion : « nous ce qu’on voudrait des politique, d’ailleurs moi je ne fais pas de politique, je n’y crois plus. Est-ce que le gouvernement ne pourrait pas faire un geste pour montrer qu’il fait des efforts lui aussi au lieu d’en demander qu’aux citoyens d’en bas. Il y a toujours autant de dépense publique, d’élu, mais on ne voit pas où. Juste un mot sur Doux, j’ai travaillé 41 ans dans l’agro-alimentaire, cela n’est pas une surprise, car c’est une entreprise qui fait des produits peu chers qui marchaient à l’export et qui étaient rentables grâce aux aides européennes. Il n’y a pas de surprise là-dedans. Il faut que les patrons de ces entreprises qui ne se sont pas diversifiées reconnaissent leurs erreurs de stratégie car c’était prévu l’arrêt de ces subventions. Lorsque tu parlais des personnes qui n’avaient jamais vu leur père voir leur grand-père travailler, j’ai une anecdote de celui de la banlieue qui va au travail en mob dans une entreprise qui l'a aidé. Il veut arrêter. Elle lui demande pourquoi : il lui répond qu’il dérange tout le monde parce qu’il est le seul dans son bâtiment à aller travailler et qu’il fait trop de bruit. Or moi j’ai des entrepreneurs qui me demandent du personnel. On a beau faire des forum. Ils ne viennent plus. Il faudrait peut-être, quitte à choquer, conditionner les aides. »

La conseillère municipale : « je suis d’accord avec toi. Mais il faut savoir comment conditionner. Il ne faut pas laisser les gens seuls chez eux. Le problème c’est que nous n’avons pas la structure d’aide, de formation et de suivi. Pôle Emploi est débordé. On n’a pas à fixer et à organiser les choses. Tout est à revoir. Les fonds sont mal ciblés. »

Françoise dans association qui fait 3000 apprentis dans le bâtiment en Bretagne : « on a besoin d’un exemple budgétaire. La formation initiale est financée par les fonds régionaux. Nos jeunes ont les insère entre 80 et 100% dans les entreprises. On est fier de cette réussite, on est très lié aux entrepreneurs. Il y a des économies en cours. »

Jean appelle à prolonger la réflexion. Il dit son admiration à exprimer avec de beaux mots.

Patrice, masseur et kiné : « Moi je n'ai pas la même approche que vous. Beaucoup de gens que j’ai en arrêt de travail. Ce n’est pas physique, sans surtout dans le psychique. C’est peut-être le monde de l’entreprise qui est à revoir au niveau du psychique. Ils ne se sentent pas la liberté de faire ce qu’ils veulent faire. Ce sont des gens qui n’arrivent pas à se plaire au sein de leurs entreprises, qui vont au travail la boule au ventre, qui ont 45ans qui attendent la retraite. Je pense que la clé du problème, c’est que ces gens qui veulent changer de métier aujourd’hui ne le peuvent plus car l’emploi n’est plus là, et lorsque les personnes d’un certain âge me disent qu’il pense que les jeunes ne veulent pas se mettre au boulot ou se plaignent de leurs boulot et qu’ils ne le comprennent pas, je leur dit : ils n’ont plus le choix, la liberté de l’emploi que vous aviez, ils ne l’ont plus. Voilà ce que je voulais vous dire. »

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